Sujets cours TEA 2018-2019 : Articulation RdC-gaz dans les aménagements ? Classement réseaux du Grand Lyon ? Rôle du Grand Lyon sur le secondaire ?

Les étudiants d’options environnement et aménagement, de l’École Nationale des Travaux Public de l’État, dans le cadre du cours de deuxième année “transition énergétique et aménagement”, géré par Emmanuel Martinais, docteur en aménagement et urbanisme, devront aborder cette année 1 sujet sur l’aménagement énergétique et 2 sujets sur les réseaux de chaleur du Grand Lyon.

Le Cerema intervient dans ce cours pour introduire le sujet de l’énergie et présenter le lien entre l’énergie, les réseaux de chaleur et l’aménagement et la planification des territoires.

Présentation du Grand Lyon et des sujets de l’année 2018-2019


Sujet 1 : Quelles articulations entre les réseaux de chaleur et de gaz dans les opérations d’aménagement ?

Depuis 2009, toutes les opérations d’aménagements soumises à étude d’impact doivent étudier le développement d’énergies renouvelables et en particulier l’opportunité de se raccorder ou créer un réseau de chaleur/froid vertueux.

Toute action ou opération d’aménagement faisant l’objet d’une évaluation environnementale doit faire l’objet d’une étude de faisabilité sur le potentiel de développement en énergies renouvelables de la zone, en particulier sur l’opportunité de la création ou du raccordement à un réseau de chaleur ou de froid ayant recours aux énergies renouvelables et de récupération.

Article L300-1 du Code de l’Urbanisme

L’énergie devient un enjeu majeur dans l’aménagement des territoires. Quelles solutions (centralisées, décentralisées, réseau de chaleur, réseau de gaz, sources renouvelables locales…) pour l’approvisionnement en chaleur des aménagements de la métropole (lien avec le schéma directeur multi-énergies de la métropole en cours de réalisation) ? Quelles sont les conditions techniques-économiques-environnementales pour la pertinence de chacune ? Quels sont les avantages-inconvénients de chacune ?

Pour répondre à ces questions, les élèves peuvent analyser les documents transmis par la métropole (potentiels en EnR&R, Schéma des énergies…), le guide sur l’approvisionnement en EnR&R du Cerema, contacter des aménageurs de la métropole, GrDF, etc.

En option : création d’une fiche d’analyse multi-critères à destination des aménageurs leur permettant de faire émerger les solutions a priori les plus adaptées.

Agathe Bongrand, Yves Cohen, Paul Deshors, Maxime Mouton, Thibaud Pellerin et Coline Perrier ont analysé les articulations entre réseaux de chaleur et de gaz dans une opération d’aménagement. Le jury a apprécié leur rapport de la façon suivante :

Sur la forme, le rapport est plutôt de bonne qualité : il est bien écrit, bien présenté et parfaitement illustré. La mise en page est assez agréable. L’introduction est correcte, mais une présentation de la façon dont vous avez procédé pour répondre à la commande aurait été la bienvenue. Cela aurait favorisé la compréhension de la démarche. Il manque également des conclusions partielles, indiquant ce qu’il faut retenir de chaque partie, et surtout une conclusion générale.

Sur le fond, votre rapport est de bonne qualité. Le chapitre 2 sur les réseaux de gaz est intéressant, bien qu’il ne soit pas concrètement appliqué au cas de la ZAC avec une étude des coûts engendrés, pour le déploiement du réseau (qui le paye ?), et du coût de revient pour l’utilisateur final (sur 20 ans par exemple, investissement + fonctionnement). Le chapitre 3 permet de voir que vous avez su rechercher de l’information pour évaluer le montant d’investissement d’un réseau de chaleur au bois (même si l’on ne sait pas très bien ce qui a guidé le choix de cette énergie). La démarche retenue au chapitre 4 est également pertinente : vous avez tiré parti de l’étude de faisabilité existante et d’une étude de cas relativement similaire. Globalement cohérente, votre démarche souffre cependant de quelques manques, concernant notamment la comparaison entre les 3 scénarios. Par exemple, il aurait été intéressant d’essayer de calculer le prix de revient pour l’usager final (en prenant éventuellement des hypothèses pour les données difficiles à trouver). La problématique du “qui fait quoi / qui paye quoi” (déploiement du réseau, raccordement des usagers, investissements dans la chaudière, mise en place de la sous-station, etc.) aurait pu être abordée pour éclairer aussi les différences entre les différents types de solutions. Les avantages / inconvénients des différentes énergies auraient pu être abordés. Les études des 3 cas donnent l’impression de ce fait de ne pas aboutir complètement, impression renforcée par l’absence de conclusion.


Sujet 2 : Quelle pertinence stratégique de classer un ou plusieurs réseaux de chaleur métropolitains ?

classement - zones prioritairesLe classement d’un réseau de chaleur ou de froid est la procédure qui permet à une collectivité de rendre obligatoire le raccordement au réseau, existant ou en projet, dans certaines zones, pour les nouvelles installations de bâtiments.

La métropole de Lyon possède 6 réseaux de chaleur et de froid dont un, le réseau de Rillieux-la-Pape, classé sur la période 2013-2030. Le plus gros réseau est le réseau Centre-Métropole. Quels sont les avantages et inconvénients de classer ce réseau ? Comment cela s’inscrit-il dans le schéma directeur multi-énergies (SDE) du Grand Lyon ?

Les élèves doivent quantifier les effets du classement du réseau Centre-Métropole, évaluer les risques politiques et freins éventuels, analyser la pertinence d’un réseau de chaleur par rapport à d’autres solutions et analyser les conditions de réussite d’une démarche de classement.

Pour cela, le Grand Lyon leur met à disposition des documents (dossier de classement de Rillieux, objectifs de développement des réseaux du SDE, tarifs et continuité de service des réseaux, suivi des permis de construire…) et contacts (syndic, bailleurs, personnes en charge de l’application des droits des sols au Grand Lyon, délégataire du réseau Centre Métropole). Et ils peuvent se servir des documents à leurs disposition : fiche action, guide, questions-réponses, groupe de discussion sur le classement. Etudier l’exemple de Rillieux et éventuellement d’autres.

En option : analyser la pertinence de classer les autres réseaux de la métropole et/ou de prolonger le classement de Rillieux après 2020 en faisant ressortir ceux pour lesquels ce serait le plus pertinent (dynamique de constructions neuves sur les secteurs, prix de la chaleur et taux de recours aux EnR&R pour chaque réseau, …).

Livia Delaporte, Margaux Deroues, Félix Lacoin, Pénélope Lallemand, Pierre Marthinet et Pierre-Yves Simon ont analysé la pertinence de classer un ou plusieurs réseaux de la métropole de Lyon. Le jury a apprécié leur rapport de la façon suivante :

Sur la forme, le rapport est de bonne qualité : il est bien écrit et bien illustré (personnellement, je suis fan de la couverture). La mise en page est plutôt agréable et il n’y a pas de faute d’orthographe. Sur le fond, on peut dire que la démarche est bien informée. Vous faites une bonne utilisation des sources qui étaient à votre disposition, sur les aspects techniques comme sur les dimensions plus juridiques. Votre introduction est parfaite : la commande est bien précisée ainsi que la façon dont vous procédez pour y répondre. Deux défauts principaux doivent toutefois être signalés : premièrement, il manque des conclusions partielles à la fin de chaque partie ; et deuxièmement, vous explorez et discutez de nombreuses pistes, mais une proposition finale synthétisant, organisant et hiérarchisant tous ces possibles aurait été très utile. En gros, on aurait aimé une conclusion justifiant ce qui, de votre point de vue, mérite d’être retenu et ce qui peut être écarté.


Sujet 3 : Quel rôle la métropole de Lyon a-t-elle à jouer sur le secondaire des réseaux de chaleur et  de froid ?

Le Grand Lyon gère ses réseaux de chaleur jusqu’à l’échangeur (compris) en sous-stations. Ensuite, il s’agit du réseau secondaire, géré par les propriétaires de bâtiments raccordés. Cette limite, et la répartition des rôles qui en découle, est parfois mal comprise. Certains abonnés et usagers souhaitent être accompagnés par la métropole.

Quel rôle et quelles actions le Grand Lyon peut mettre en place pour pallier à ces difficultés ? Quelle pertinence à étendre cette limite jusqu’à l’entrée du logement, comme pour l’électricité et le gaz ?

Pour répondre à ces questions, les élèves peuvent analyser les compte-rendus des comité d’usagers de réseaux de chaleur, contacter des chargés de mission en charge de ces questions à la métropole, des syndicats de copropriétés, etc. Ils peuvent aussi interroger les pays voisins comme la Suède qui a déjà repoussé les limites de la collectivité jusqu’au logement pour certains réseaux (voir l’article Expérience Suédoise sur les réseaux de chaleur).

Cyrielle Bouffant, Laetitia Boulianne, Sophie Debax, Bérénice Delage et Pauline Ducrocq ont analysé le rôle de la métropole de Lyon sur le secondaire des réseaux de chaleur et de froid. Le jury a apprécié leur rapport de la façon suivant :

Sur la forme, le rapport est d’assez bonne qualité : la mise en page est correcte et il n’y a pas de faute d’orthographe.

Sur le fond, les constats que vous tirez de vos prises de contact sont plutôt pertinents. Ils permettent de mieux comprendre les positions des uns et des autres, ainsi que les jeux d’acteurs entre la métropole de Lyon et les bailleurs sociaux. L’idée d’un transfert progressif et d’une expérimentation préalable sur quelques bâtiments nous a également parue pertinente. Nous avons toutefois relevé quelques défauts à corriger si jamais vous avez à refaire un travail de ce genre : en introduction, la commande de votre étude n’est pas précisée, ni la façon dont vous avez procédé pour y répondre ; vous citez vos contacts mais vous ne dites pas ce que ces derniers sont susceptibles de vous apporter (pourquoi par exemple avoir consulté la métropole de Bordeaux ? pourquoi un interlocuteur suédois ? on ne sait pas…) ; vous ne présentez pas votre grille d’entretien ; vous ne citez pas toujours vos sources ; et surtout, vous terminez de façon trop abrupte. Une conclusion en forme de synthèse des constats et propositions aurait été nécessaire. Ces points d’attention sont importants, sur le plan à la fois des critères académiques liés à un travail d’étudiant et d’une étude professionnalisante. A garder en tête pour la suite.


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