Recensement et cartographie des réseaux de chaleur en Bretagne

Le Cerema a réalisé, pour la DREAL Bretagne, un état des lieux des réseaux de chaleur et de froid en région Bretagne.

Résumé de cette étude

Le recensement réalisé lors du premier semestre de l’année 2018 revèle que la Région Bretagne compte près d’une centaine de réseaux de chaleur (93). La majorité d’entre eux sont doté d’une petite ou moyenne puissance. Neuf équipements dépassent les 5 MW installés. Près de la moitié de ces réseaux a été mis en service depuis 2010 et plébiscite la biomasse.

Cet état des lieux des réseaux de chaleur a été constitué à partir du recueil d’informations publiques ou transmises par des partenaires et acteurs territoriaux (SNCU, association AILE, Observatoire de l’Environnement en Bretagne, ADEME Bretagne, DREAL Bretagne, …) et d’une enquête auprès des collectivités, gestionnaires et exploitants de réseaux.

Téléchargez ici la plaquette de quatre pages.


Les données récoltées pour chaque réseau recensés en Bretagne sont publiées sur la plateforme « open data » du Cerema, CeremaData. Le visuel ci-dessous vous présent un aperçu de la carte dynamique, accessible sur ce lien.

Les informations publiées sont conformes au guide « Données énergétiques territoriales pour la planification et l’action Energie-Climat. N°1 bis » publié en janvier 2017 par le Club STEP : « Synergies pour la Transition Énergétiques par la Planification ».

Pour en savoir plus sur le cadre réglementaire, les acteurs régionaux, la méthodologie employée et les résultats obtenus, nous vous invitons à poursuivre la lecture de cet article.

 

Le conxtexte réglementaire

La loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) publiée en 2015 renforce le cadre juridique pour les réseaux de chaleur et de froid. Elle affiche un objectif fort à l’horizon 2030, celui de multiplier par 5 la chaleur renouvelable et de récupération livrée par les réseaux de chaleur et de froid (cf. « Décryptage de la loi de transition énergétique – N°5 : Réseaux de chaleur »). De plus, la création des réseaux ainsi que la densification et l’extension sont soutenues par le fonds chaleur, géré par l’ADEME et accordé sous certaines conditions (décôte de l’ordre de 5% du prix de vente de la chaleur par rapport à la chaleur produite par une énergie conventionnelle et alimentation du réseau à plus de 50% par des énergies renouvelables et récupérables.

La démarche d’inventaire régional…

L’état des lieux des réseaux de chaleur en Bretagne a été réalisé en 2 étapes. Un premier inventaire a été effectué à partir dene a été réalisé en 2 étapes. Un premier inventaire a été effectué à partir de :

Ce premier inventaire a ensuite été complété par une enquête menée, de février à juin 2018, auprès des EPCI, de bailleurs sociaux, des universités et des exploitants de réseaux bretons. Les données à compléter et/ou valider par cette enquête portaient sur les années 2015 à 2017, selon la source exploitée, et sur le fonctionnement du ou des réseaux de chaleur (énergie consommée, chaleur produite, longueur du réseau, types de bâtiments raccordés, date de création, montage administratif, …). L’enquête visait également le recensement des projets de réseaux de chaleur en Bretagne. Les données recueillies ont été traitées par le Cerema Ouest.

… qui présente des limites

Le taux de réponses de 25 % est relativement satisfaisant pour une première enquête. Toutefois, le recueil des données est assez hétérogène, les questionnaires ayant été remplis de façon très variable d’un réseau à l’autre. Certaines données collectées par cette enquête sont toutefois exploitées avec précaution et certains indicateurs moyens ne sont pas présentés faute d’exhaustivité pour le construire à l’échelle régionale ou infra. Ainsi, une partie des indicateurs présentés par la suite ne portent pas sur l’ensemble des réseaux de chaleur identifiés. Pour cette raison, le nombre de réseaux ayant renseigné l’indicateur est précisé. Cette analyse n’a pas un caractère exhaustif de l’inventaire des réseaux de chaleur en Bretagne mais pose quelques chiffres clefs illustrant la dynamique de développement. Ces premiers résultats produits en 2018 pourront pour les années suivantes, être progressivement consolidés et fiabilisés.

Les principaux résultats obtenus

Près d’une centaine de réseaux de chaleur recensés en Bretagne

En 2018, 93 réseaux de chaleur ont été dénombrés en Bretagne. Les départements des Côtes d’Armor et de l’Ille-et-Vilaine se positionnent en tête de classement avec respectivement 31 et 28 réseaux, suivis par le Morbihan (19) et le Finistère (15).

Par ailleurs, 14 projets de réseaux (hors extension) sont identifiés sur le territoire régional.

Les réseaux de chaleur sans vente de chaleur sont nommés réseau de chaleur « technique », ils représentent près de la moitié des réseaux recensés.

 

 

Depuis 2010, une croissance accélérée de mise en service de réseaux de chaleur en région

Malgré l’absence d’information pour 23 réseaux, la tendance de mise en service s’est nettement accélérée depuis 2010, suite à la mise en place du fonds chaleur, géré par l’ADEME et ceci, pour les quatre départements bretons.

Le rythme de mise en service de réseaux a doublé entre 2010 – 2018 par rapport à 2001 – 2010 sur le territoire régional. Bien que le département des Côtes d’Armor soit le plus dynamique, l’Ille-et- Vilaine et le Morbihan connaissent une tendance assez similaire.

 

 

 

Le bâti tertiaire majoritairement raccordé aux réseaux de chaleur

Parmi les 86 réseaux pour lesquels l’information est renseignée, 52 % de ceux-ci sont raccordés à du bâti tertiaire et 32 % à un parc mixte de bâtiments résidentiels et tertiaires.

Le bâti tertiaire regroupe notamment des équipements et bâtiments publics, de santé ou scolaires.

La mixité d’usage (ou foisonnement) permet de « lisser » la demande de consommation et améliore le rendement et la rentabilité d’un réseau.

En effet, les besoins de chaleur diffèrent suivant l’usage du bâtiment et le moment de la journée ou de la semaine. Par exemple, les besoins de chaleur d’un bâtiment d’habitation se concentrent le matin et le soir tandis que pour les bâtiments tertiaires, ils se concentrent en journée. Les besoins de chaleur de ces deux catégories de bâtiments se complètent sur l’ensemble de la journée.

 

Un linéaire moyen régional de canalisation de 3,4 km par réseau

 

En 2018, la Bretagne comptabilise un linéaire de canalisation de réseau de chaleur de 210 km.Le linéaire de canalisation moyen égale 3,4 km par réseau. Un nombre important de réseaux comptabilise un linéaire inférieur à 1 km.

 

À l’échelle départementale, l’Ille-et-Vilaine concentre 60 % du linéaire régional de canalisations. En effet, ce département dénombre de grands réseaux sur l’agglomération de Rennes Métropole (Le Blosne, Villejean et Noyal-Chatillon-sur-Seiche notamment). La longueur moyenne d’un réseau en Ille-et-Vilaine (7,9 km) atteint ainsi plus du double de la moyenne régionale.

Des réseaux de chaleurs inégalement répartis en puissance installée (MW)*

En 2018, la puissance cumulée des réseaux de chaleur installée atteint 516 MW pour les réseaux renseignés.

Près de la moitié des 54 réseaux de chaleur, pour lesquels la donnée est disponible, sont des réseaux de faible puissance (23 réseaux de chaleur d’une puissance inférieure à 300 kW).

À l’inverse, les 9 réseaux ci-dessous comptabilisent à eux seuls plus de 90 % de la puissance cumulée renseignée.

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Au moins deux chaudières par réseau de chaleur

Pour les 93 réseaux recensés, 139 chaudières sont recensées. Seuls 72 réseaux mentionnent disposer d’une chaudière ; or, un réseau de chaleur dispose généralement d’au moins deux chaudières. Il est donc probable que le nombre de chaudières soit supérieur aux 139 recensées.

En effet, la première chaudière est dimensionnée en puissance pour assurer les besoins de chaleur d’environ 80 % des besoins annuels. Les autres chaudières sont dites d’appoint et sont dimensionnées pour assurer les pics de besoins de chaleur en complément de la première chaudière mais aussi pour assurer la production de chaleur en cas de défaillance de la première chaudière. Ces chaudières d’appoint disposent généralement de puissances importantes et fonctionnent le plus souvent au gaz fossile. Une chaudière au bois, au contraire, n’est jamais utilisée en appoint, car il faut un certain temps pour la faire fonctionner à pleine puissance.

Le gaz et la biomasse, les deux énergies primaires principales*

23 réseaux consomment de la biomasse, 17 du gaz, 5 valorisent la chaleur générée par l’incinération des déchets. Depuis 2009, année de lancement du fonds chaleur, la biomasse semble être privilégiée pour les réseaux de chaleur. La majorité des 13 réseaux mis en service après 2010, pour lesquels l’information est connue, fonctionne à la biomasse (40 réseaux recensés dans cette classe d’age).

Les réseaux de chaleurs aux plus fortes puissances sont les plus consommateurs d’énergie primaire*

Avec environ 500 GWh consommés, les réseaux équipés d’une puissance de 5 MW et plus consomment 90 % de l’énergie primaire dédiée en Bretagne. Cet indicateur est renseigné pour 27 réseaux de toutes classes de puissance confondues dont 7 réseaux de puissance supérieure à 5 MW.

Ces réseaux sont également les plus gros producteurs de chaleur*

80 % de la chaleur produite et recensée en région (1 138 GWh) provient de réseaux dont la puissance installée est supérieure à 5 MW. Cet indicateur est renseigné pour 53 réseaux de toutes classes de puissance confondues dont 8 des 9 réseaux d’une puissance supérieure à 5 MW.

* Ces indicateurs ne sont pas précisés à l’échelle départementale faute d’un nombre suffisant de données recueillies par département pour cette édition de l’enquête.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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