Les réseaux de chaleur en France

Les réseaux de chaleur se sont essentiellement développés en France après 1950. Aujourd’hui, ils apparaissent comme un moyen d’utiliser massivement certaines énergies renouvelables comme la biomasse et la géothermie. Les 761 réseaux recensés en France desservent environ 2,4 millions d’équivalents-logements, dont 56% dans le secteur résidentiel. Présents dans les zones urbaines denses, les réseaux sont alimentés aujourd’hui à 56 % par des énergies renouvelables et de récupération. Afin de contribuer aux objectifs de la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte promulguée en août 2015, les réseaux de chaleur devront mobiliser à l’horizon 2030, 3.4 Mtep d’énergie renouvelable et de récupération, soit 2,48 Mtep de plus qu’en 2013.

NB1 : les chiffres présentés dans cet article sont issus de l’enquête SNCU 2018 – données 2017. Pour des statistiques plus complètes et plus récentes, voir les enquêtes annuelles SNCU sur les réseaux de chaleur et de froid.

NB2 : cette fiche découverte est traduite en anglais, voir la version anglaise Districts heating and cooling in France

Historique

Bien que l’on trouve la trace de réseaux de chaleur en Europe sous l’Empire romain (circuits d’eau chaude desservant bains publics et serres) et au Moyen-Âge (avec par exemple au 14ème siècle la création du réseau géothermique de Chaudes-Aigues), c’est au cours du dernier siècle que le chauffage urbain a véritablement pris son essor.

En France, le développement des réseaux de chaleur au cours du 20ème siècle se décompose en 4 grandes périodes. Avant 1950, quelques réseaux sont établis dans de grandes villes aux besoins de chaleur importants (Paris, Strasbourg, Grenoble). Après avoir accompagné les politiques d’urbanisation entre 1950 et 1970, la croissance ralentit, puis le chauffage urbain bénéficie d’un regain d’intérêt dans les années 1980 suite aux chocs pétroliers. De nombreux réseaux alimentés par la géothermie profonde sont alors créés en Île-de-France. A partir de la fin des années 2000, les réseaux sont perçus comme un outil de mobilisation des énergies renouvelables, permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre, dont un tiers provient de la production de chaleur pour le résidentiel et le tertiaire.

Les réseaux de chaleur français en chiffres (données SNCU 2017)

761 réseaux de chaleur et 23 réseaux de froid

Le Syndicat National du Chauffage Urbain (SNCU) recense 761 réseaux de chaleur et 23 réseaux de froid (enquête 2018), dont l’ensemble des installations s’étend sur 5397 km.

La place des énergies renouvelables et de récupération continue de progresser. Pour la première fois en 2013, le seuil franchissait les 40 % ; en 2017, celui-ci atteint 56 %.

Près de 83 % des réseaux ont été alimentés, en partie ou en totalité, par des énergies renouvelables et de récupération en 2017.

La chaleur issue des unités de valorisation énergétique (UVE) est mobilisée en priorité par les EnR&R alimentant les réseaux de chaleur (25 % en 2017 contre 19 % en 2005). Avec 22 %, la part issue de la biomasse affiche une forte progression depuis 2009 (+19 %). Le gaz naturel tend à remplacer les autres énergies fossiles (comme le fioul) et demeure la principale ressource utilisée par les réseaux de chaleur (37 % en 2017).

Depuis 2005, le contenu moyen en CO2 des réseaux continue de décroître pour atteindre 0,116 kg CO2/kWh en 2017.

Usagers : 2/3 secteur résidentiel, 1/3 secteur tertiaire

Les réseaux de chaleur desservent actuellement environ 2,4 millions d’équivalents-logements (soit 25 078  GWh de chaleur livrés en 2017), majoritairement dans des zones urbaines denses. Le résidentiel consomme 56% de la chaleur livrée, tandis que le tertiaire (y compris les services publics) en consomme 35 %.

Une répartition géographique hétérogène

Sur les 761 réseaux recensés, 161 se situent dans la nouvelle région Auvergne – Rhône-Alpes, 105 en Ile-de-France dont la moitié dans le périmètre de la Métropole du Grand Paris et 103 pour la région Grand-Est. Si le nombre de réseaux au sein des autres régions varie 25 à 69, en Bretagne et Pays-de-la-Loire il est respectivement de 25 et 27. Globalement, la présence des réseaux de chaleur est plus marquée dans le nord et l’est que dans le sud et l’ouest du pays. Ces disparités régionales peuvent s’expliquer par plusieurs facteurs, notamment la rigueur climatique, la densité de population et la présence d’agglomérations importantes.

Avec le nouvel élan fourni aux énergies renouvelables et de récupération, souvent exploitées localement, la présence des ressources sur le territoire s’établit comme un facteur clé, d’ores-et-déjà illustré par la forte présence de réseaux dans le sud-est parisien, secteur propice à la géothermie profonde.

Évolutions

Promulguée en 2015, la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte a inscrit un objectif de 32 % d’énergies renouvelables dans la consommation finale d’ici 2030, dont 38 % pour la consommation finale de chaleur. La quantité de chaleur et de froid renouvelable véhiculée par les réseaux devra alors être multipliée par 5 par rapport à l’année de référence 2012.

Pour y parvenir, la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE) a défini pour 2018 et 2023 les quantités d’énergies renouvelables livrés par les réseaux de chaleur.

Graphique provenant du site www.raee.org

Graphique provenant du site www.raee.org

Afin de converger vers cet objectif ambitieux, plusieurs actions doivent être menées :

  • réalisation de nouveaux réseaux lorsque c’est techniquement et économiquement possible ;
  • extension ou densification des réseaux existants, par exemple à l’occasion de projet d’aménagement urbain ;
  • le développement des énergies renouvelables et de récupération afin de substituer les énergies fossiles au sein des réseaux existants.

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