Enquête : les prix de vente de la chaleur en 2011 (ADEME/AMORCE)

Cette enquête est un baromètre sur l’évolution du prix de chauffage urbain et l’influence du bouquet énergétique. Actualisée chaque année par l’association AMORCE avec le soutien de l’ADEME, elle propose une comparaison entre les différents modes de chauffage.

Ces éléments sont extraits de l’étude sur le prix de vente de chaleur sur l’année 2011, réalisée par l’association AMORCE avec le soutien financier de l’ADEME (source AMORCE)

Comme chaque année l’enquête sur le prix de vente de la chaleur présente un comparatif entre tous les modes de chauffage.

Périmètre de l’enquête

La démarche mise en place a permis de collecter les données nécessaires à la conduite de l’enquête complète pour 334 réseaux de chaleur (après tri et mise en cohérence des données brutes reçues).

Sur les 458 réseaux de chaleur recensés ayant distribué 21,6 TWh de chaleur en 2011, l’échantillon d’enquête représente :

  • 79 % de l’effectif,
  • 93 % de l’énergie distribuée.

Le taux de couverture des EnRR sur l’année 2011 est en forte progression par rapport à son niveau de 2010. En effet, la production d’EnRR est restée globalement stable en valeur absolue tandis que les volumes de chaleur livrée ont fortement chuté. On remarque une forte progression de l’utilisation de biomasse en 2011.

Facture énergétique et coût global

La méthodologie employée est basée sur la distinction entre les trois termes suivants :

  • La facture énergétique : ce terme correspond au montant des dépenses énergétiques (consommation plus abonnement) à la sortie de la sous station dans le cas du chauffage urbain ou des compteurs de gaz et d’électricité (ou factures de livraison de fioul) pour les autres modes de chauffage. Ce terme correspond donc à ce que paie l’abonné directement au fournisseur d’énergie. Il inclut l’ensemble des dépenses (investissement, exploitation, maintenance, etc.) en amont du compteur.
  • La facture totale annuelle : elle correspond au montant des dépenses totales annuelles incluant la facture énergétique et les dépenses de fonctionnement (entretien, renouvellement) en aval du point de comptage de la facture énergétique. Ce terme inclut, dans le cas du chauffage urbain, l’ensemble des dépenses d’entretien et de fonctionnement des équipements propres à l’immeuble chauffé ; c’est la partie liée au réseau secondaire, hors investissement. Pour les autres modes de chauffage, elle inclut l’entretien des équipements de production de chaleur en plus des éventuels équipements de distribution de chaleur dans l’immeuble ou dans le logement ainsi que la consommation d’électricité des auxiliaires.
  • Le coût global annuel : ce terme prend en compte l’amortissement de l’installation du réseau secondaire et certains équipements de raccordement au réseau (cf annexe 4). Il est donc représentatif de l’ensemble des coûts liés au chauffage (investissement, exploitation, énergie, entretien, etc.). Pour les autres modes de chauffage, il intègre l’amortissement des équipements de production et de distribution de chaleur dans l’immeuble ou dans le logement. Il reflète la dépense totale supportée par l’usager au final et permet donc des comparaisons entre modes de chauffage.

Tarification des réseaux de chaleur

Les tarifs affichés par les réseaux de chaleur sont très variables selon les collectivités. Il est donc important de préciser le contenu de chaque terme de la facture énergétique d’un réseau de chaleur tels que demandés dans l’enquête :

  • Le terme R1 : c’est le terme proportionnel à la consommation d’énergie primaire du réseau de chaleur qui s’exprime en €HT/MWh. Il dépend des combustibles utilisés (fioul, charbon, gaz, bois) et des prix d’acquisition de chaleur (UIOM, cogénération, rejets industriels). Au final, ce terme est représentatif de la consommation énergétique.
  • Le terme R1 ECS : c’est le tarif proportionnel à la consommation d’eau chaude sanitaire, lorsqu’elle est facturée séparément du chauffage. R1 ECS est en €HT/m3 d’eau consommé. Pour l’intégrer aux calculs théoriques des factures, un coefficient de conversion q (kWh/m3) est appliqué ; q est propre à chaque réseau lorsqu’il est précisé, sinon il est fixé à 100 kWh/m3.
  • Le terme R2 : c’est l’abonnement ou partie fixe. Il est proportionnel à la puissance souscrite ou à la surface chauffée ; R2 s’exprime en €HT/kWsouscrit.an, en €HT/m2.an ou en €HT/URF.an (l’URF, ou UFF, ou UFR, est une « unité de répartition forfaitaire », permettant la répartition de la part fixe entre les abonnés, sans référence directe à la puissance souscrite). Ce terme prend en compte la fourniture d’électricité (R21’), les charges d’exploitation (R22, R23) et l’amortissement de l’installation (R24) (dans certains cas) pour le réseau primaire.
  • La surtaxe et/ou R2B et/ou R3 et/ou R24 et/ou redevance spéciale : un certain nombre de réseaux font payer une contribution supplémentaire, soit pour permettre à la collectivité de rembourser ses investissements dans le cas de l’affermage, soit pour l’amortissement de travaux. Ce terme peut s’exprimer en €HT/kW ou en €HT (forfait).

Principaux résultats

Les graphiques ci-dessous sont extraits du rapport d’étude (le rapport complet est téléchargeable en fin d’article).

Prix moyen de vente de la chaleur par les réseaux de chaleur françaisprix_moyen_vte_chaleur_rdc_france

Pour l’année 2011, le prix moyen du MWh vendu par les réseaux de chaleur français est de 67,5 € HT/MWh.

Notes :

  • Le prix de vente moyen s’obtient en rapportant la somme des recettes générées par la vente de chaleur à la somme des MWh vendus par les réseaux français.
  • L’indice de rigueur climatique (en rouge) permet de mettre en lumière l’impact des températures sur le prix de la chaleur, en particulier sur la période 2010 – 2011. Une rigueur climatique hivernale plus faible entraîne une augmentation du prix de vente moyen, cela est du à la part fixe importante dans la facture d’un réseau de chaleur.
  • On constate que les réseaux de chaleur fonctionnant avec plus de 50% d’EnR&R présentent un prix moyen HT nettement inférieur (calculs réalisés respectivement sur 44, 64, 88, 99 et 114 réseaux en 2007, 2008, 2009 et 2010 et 2011). Bénéficiant de la TVA à 5,5% sur les ventes de chaleur, leur prix de vente au consommateur est donc encore plus intéressant.

Monotone des prix moyens de la chaleur en 2011
(en € HT/MWh)

Le graphique suivant montre le large spectre de prix de vente sur les réseaux de chaleur, avec comme indiqué précédemment un prix moyen de vente de 67,5 € HT / MWh. On constate un rapport de 1 à 4 entre les moins chers et les plus chers.monotone_prix_moyens_chal_2011

On constate sur ce graphique hors taxes que les réseaux à plus de 50% d’EnRR (barres vertes) sont souvent les mieux placés, leur prix HT moyen de vente de la chaleur en 2011 s’élève à 59,4 € HT/ MWh.

Monotone des prix moyens de la chaleur en 2011 (en € TTC/MWh)

prix-moyens-ttc-20111

Le prix TTC moyen de vente de la chaleur issue des réseaux de chaleur français en 2011 s’établit à 76,2 € TTC/ MWh. Pour les réseaux alimentés à plus de 50% par des énergies renouvelables ou de récupération, le prix TTC moyen de vente de la chaleur en 2011 s’élève à 62,7 € TTC / MWh.

5 classes de prix ont été établies en fonction du positionnement de chaque réseau par rapport au prix moyen de vente :

  • classe I : moins de 53,1 €TTC/MWh (prix inférieur d’au moins 30% du prix moyen)
  • classe II : de 53,1 à 68,2 €TTC/MWh (10 à 30% inférieur au prix moyen)
  • classe III : de 68,2 à 83,4 €TTC/MWh (écart au prix moyen de +/- 10% maximum)
  • classe IV : de 83,4 à 98,6 €TTC/MWh (10 à 30% supérieur au prix moyen)
  • classe V : plus de 98,6 €TTC/MWh. (plus de 30% supérieur au prix moyen)

La répartition des réseaux en 2011 selon les classes de prix (en TTC) est la suivante :

  • classe I : 9,4%
  • classe II : 24,2%
  • classe III : 32,2%
  • classe IV : 19,2%
  • classe V : 15%

On remarque qu’une dizaine de réseaux ont un prix de vente relativement élevé (supérieur à 110 €TTC / MWh). Il s’agit pour la majorité d’entre eux de petits réseaux anciens et alimentés par des énergies fossiles.

Décomposition du coût global en 2011 – Chauffage & ECS – (Parc social moyen – 170 kWh « finale »/m²/an)

decomposition_cout_chauf_ecs_170kwh

Notes :

  • Ce graphique représente la facture annuelle de chauffage pour un logement « type » de parc social moyen consommant 170 kWh/m² par an ; l’ensemble des composants de la facture sont représentés pour les différents modes, permettant de réaliser une comparaison du point de vue de l’abonné ;
  • A noter que, compte tenu de l’hétérogénéité des prix de vente de la chaleur selon les réseaux, nous avons retracé, pour la 4ème ligne du graphique, le coût global pour les 5 classes de prix définies plus haut ;
  • Les réseaux de chaleur EnRR représentent en moyenne la solution la plus compétitive pour les bâtiments « parc social moyen ». Les chauffages collectifs au gaz naturel se placent en deuxième position alors que les chauffages individuels au gaz naturel s’avèrent moins performants ;
  • Le chauffage individuel électrique présente un coût global moins compétitif pour ce niveau de consommation plus important ;
  • La PAC collective géothermique est toujours la solution qui présente la plus faible facture énergétique, mais l’amortissement pèse sur l’analyse en coût global.

-> Le coût global de chauffage pour un logement – type correspondant au « Parc social moyen » (170 kWh/m2.an) raccordé à un réseau de chaleur est évalué en moyenne à 1 182 €TTC/an. Pour les réseaux alimentés à plus de 50% par des EnRR, le coût global moyen est de 1 022 €TTC/an, c’est la solution la plus compétitive parmi tous les modes de chauffage.

Décomposition du coût global en 2011 – Chauffage & ECS – (Bâtiment RT 2005 – 120 kWh/m²/an)

decomposition_cout_chauf_ecs_120kwh

Notes :

  • Les réseaux de chaleur alimentés majoritairement par des EnRR constituent en moyenne la solution la plus compétitive en coût global pour ces bâtiments classés C dans le DPE. Les solutions chauffage collectif au gaz naturel se positionnent juste derrière, à hauteur de la moyenne des réseaux de chaleur.
  • Le chauffage électrique individuel se positionne relativement bien en coût global, mais possède une facture énergétique parmi les plus élevées pour le locataire, juste derrière le chauffage collectif au fioul.
  • Les solutions gaz naturel individuel font partie des solutions les plus chères, elles se situent à hauteur de la limite entre les classe IV et V des réseaux de chaleur.

Décomposition du coût global en 2011 – Chauffage et ECS –  (Bâtiment peu performant – 300 kWh/m²/an)

decomposition_cout_chauf_ecs_300kwh

Notes :

  • Sur ces niveaux de consommation élevés, les réseaux de chaleur sont parmi les plus compétitifs grâce à un faible coût marginal de la chaleur.

Évolution du prix de revient TTC de la chaleur pour le gestionnaire d’immeuble –  (parc social moyen : 170 kWh/m².an – besoin de chaleur en pied d’immeuble)

evolution_prix_revient_ttc_immeuble_170kwh

Notes :

  • Sur les 4 dernières années, on observe une évolution en dents de scie du prix de vente de la chaleur issue du chauffage au gaz alors que le prix de vente de la chaleur issue des réseaux de chaleur suit une progression plus stable. A noter toutefois que cette analyse basée sur le prix moyen de vente de la chaleur des réseaux de chaleur masque des évolutions potentiellement importantes qui ont pu être constatées sur certains réseaux.

 

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