Consommation d’énergie dans les bâtiments – chiffres clés 2013

Part du secteur du bâtiment dans la consommation énergétique nationale et zooms sur le résidentiel et le tertiaire.

Les données de cette page sont issues de la publication de l’ADEME sur les chiffres clés du bâtiment (Bâtiment – Chiffres clés – édition 2013). Cette page est actualisée chaque année afin de fournir les données récentes du domaine de l’énergie dans le bâtiment.

Poids du secteur du bâtiment dans la consommation énergétique

Le secteur du bâtiment (résidentiel-tertiaire) pèse pour 44% dans la consommation énergétique finale française, tout secteur confondu (transports, agriculture, sidérurgie, industrie) : 68,7 MTep en 2012, sur 154,4 MTep d’énergie finale consommée, à climat normal.

Evolution de la consommation finale énergétique nationale par secteurs d'activités

Répartition des énergies consommées dans le résidentiel-tertiaire

La part de chaque énergie consommée dans le résidentiel-tertiaire est la suivante :

  • 37% d’électricité
  • 32% de gaz
  • 16% de pétrole
  • 15% d’énergies renouvelables thermique et déchets (la valorisation énergétique des déchets est comptée comme étant à moitié renouvelable et moitié non renouvelable, le terme “EnRt et déchets” inclut donc la totalité de la valorisation énergétique des déchets)
consommation résidentiel-tertiaire par type d'énergie

Répartition des combustibles consommés par le secteur résidentiel-tertiaire

La consommation de pétrole et charbon est en baisse, celle de gaz, d’électricité et d’énergies renouvelables est en hausse.

 Zoom sur le résidentiel

Il y avait 33,4 millions de logements en 2012, dont 14,6 millions de logements collectifs, principal client des réseaux de chaleur. En effet, le chauffage urbain alimente en chauffage 1 113 000 logements collectifs et 53 000 maisons individuelles, soit 4,2% des résidences principales (plus de 80% du parc résidentiel sont des résidences principales). Mais l’essentiel du parc de résidences principales est alimenté par du gaz (44%) et de l’électricité (33,5%) pour le chauffage. Et pour l’eau chaude sanitaire : 46,5% par de l’électricité et 38,4% par du gaz.

Répartition des résidences principales selon l'énergie de chauffage de base

L’énergie utilisée dans une résidence principale se décompose de la façon suivante, en 2012 :

  • 61,3% de chauffage
  • 12,1% d’eau chaude
  • 7% de cuisson
  • 19,5% d’usages spécifiques

consommation résidentiel par usage 2012


La prestation apportée par un réseau de chaleur (chauffage et ECS) correspond aux 3/4 de la totalité des besoins énergétiques d’un logement moyen.


Impact des réglementations thermiques

Cette part du chauffage/eau chaude est-elle en baisse depuis l’apparition des premières réglementations thermiques (RT) en 1974 ?

Le graphique ci-dessous montre les consommations par usage dans les résidences principales, en maison individuelle ou immeuble collectif, à travers le temps. Il s’avère que la part de chauffage/eau chaude (jaune + bleu) reste importante, même après les années 99 (plus de la moitié).

Consommation par usage en RP à climat normal

En 2012, 55% des résidences principales existaient déjà avant les premières RT, alors que seulement 16% datent d’après 1999. Ces logements “avant RT” comptent pour 64% de la consommation de chauffage du parc total de résidences principales.

La part de chauffage/eau chaude est donc en baisse avec les nouvelles RT, mais les consommations resteront importante.

En 2050, 70% des résidences principales dateront d’avant 2010 ; le renouvellement urbain est très lent comparé aux urgences climatiques, d’où l’importance de la mobilisation des énergies renouvelables et de récupération (EnR&R) dans le bâti existant, notamment à travers les réseaux de chaleur.

Précarité énergétique

La part de chauffage/eau chaude est en baisse (lente et relative) et, comme le montrent les courbes suivantes, l’électricité prend une part de plus en plus importante dans la consommation énergétique des résidences principales. En 2012, 33,5% des résidences principales sont équipées d’un chauffage électrique.

évolution des consommations par usage dans les RP

Parallèlement, le prix des énergies fossiles augmente, comme on peut le voir sur le graphique suivant. Le prix de l’électricité a augmenté d’environ 3% entre 2011 et 2012.

évolution prix gaz-élec-fioul dans résidentiel

Ainsi, de plus en plus de ménages se retrouvent en situation de précarité énergétique. En 2006, 14,4% des ménages ont dépensé plus de 10% de leurs revenus en factures énergétiques, l’électricité pesant pour beaucoup (partie bleu ciel sur le graphique ci-dessous).

précarité énergétique

On voit donc l’importance de réserver l’électricité aux usages spécifiques qui ne peuvent se passer de ce vecteur énergétique, et d’utiliser la chaleur pour les besoins thermiques (chauffage et eau chaude notamment). Les réseaux de chaleur, plus particulièrement ceux alimentés principalement par des EnR&R, offrent une facture plus prévisible dans le temps et plus stable, réduisant ainsi les risques de précarité énergétique.

 Zoom sur le tertiaire

En 2011, le secteur tertiaire consomme 226 TWh d’énergie finale. Parmi les 931 millions de m² chauffés dans le secteur tertiaire, 64% sont des commerces, bureaux et bâtiments d’enseignement.

poids de chaque type de commerce dans la surface totale chauffée

Le chauffage et l’eau chaude sont 2 postes de consommation importants dans le tertiaire, comme on peut le voir sur le graphique ci-après. Ils représentent un peu plus de la moitié de la consommation totale.

part chauffage dans le tertiaireDe plus en plus de surface est climatisée/rafraîchie dans le tertiaire, surtout depuis les années 2000. Le gisement pour les réseaux de froid est donc important. Cette consommation est sans doute amenée à augmenter avec l’isolation thermique, l’augmentation des températures, et la demande croissante de confort.

évolution rafraîchissement du tertiaire

Les bâtiments de l’État consomment 3,2 TWh d’énergie en 2009, cette consommation a baissé de 7% entre 2005 et 2009, pourtant la facture énergétique a augmenté de 15%, à cause de l’augmentation du prix des énergies fossiles.

consommation des bâtiments de l'état

Les réseaux de chaleur et de froid sont un bon vecteur permettant de diminuer la facture énergétique et d’augmenter la part EnR&R des bâtiments de l’État, et de tout bâtiment consommateur de chauffage/eau chaude et froid.

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