Chiffres clés des énergies renouvelables – Édition 2019

Comme chaque année, le SDES fait le bilan des énergies renouvelables en France.

En 2017, la France a consommé 251,4 Mtep d’énergie primaire dont 10,7% d’énergies renouvelables contre 10,9% en 2016. Le nucléaire, les produits pétroliers et le gaz restent les sources d’énergie principales.

Elle se situe dans la moyenne européenne mais loin derrière les pays scandinaves dont la part des EnR dans leur consommation finale brute d’énergie représente en 2017, plus de 25%.

La France est cependant l’un des cinq premiers pays producteurs de l’Union Européenne par filière en 2017.

 

Une production dominée par le thermique en métropole

Les EnR en France sont toujours dominées par les énergies thermiques. Celles-ci représentent 14,2 Mtep sur les 25,9 Mtep EnR produit en 2017.  Les énergies renouvelables électriques représentent 7,96 Mtep et les biocarburants 2.6 Mtep.

Le bois-énergie est en diminution par rapport à 2016, passant de 41% à 39,6% de la production EnR Française devant l’hydraulique (16,7%) et les biocarburants (10,2%).  Le solaire photovoltaïque ne représente que 3,2% et la géothermie moins de 2%.

 

Un retard par rapport aux objectifs à 2020

La part des énergies renouvelables dans la consommation finale brute d’énergie représente 16,3% en 2017, soit 3,2% en dessous de la trajectoire que s’est fixée la France pour atteindre les 23% à 2020 imposés par la directive 2009/28/CE. Le retard constaté concerne à la fois les composantes électrique et thermique.

L’éolien et la biomasse solide sont les deux principales filières à mobiliser, d’après le plan national d’action en faveur des énergies renouvelables, pour atteindre l’objectif de 2020. L’hydraulique et les biocarburants ont également un poids important au sein des énergies renouvelables, mais leur  potentiel de développement apparaît plus limité d’ici 2020.
Entre 2005 et 2016, la consommation finale brute d’énergies renouvelables, au sens de la directive européenne, s’est accrue de 10,2 Mtep.

 Les filières bénéficiant aux réseaux de chaleur et de froid

Le rapport ne traite pas directement des réseaux de chaleur et de froid mais des filières alimentant ces derniers.

De manière générale, la France est plutôt dans les bons élèves en ce qui concerne la part d’EnR dans la consommation de chauffage, même s’il elle n’atteint pas encore les niveaux de couverture d’Europe du Nord.

C’est principalement grâce à la biomasse solide que la France est bien placée. La biomasse solide est en effet essentiellement destinée à la production de chaleur (10,1 Mtep contre 0,7 Mtep d’électricité). Il s’agit majoritairement d’installations individuelles, à nouveau en hausse depuis 2016. Comme les réseaux de chaleur ont pour vocation de favoriser les ressources locales, ceux alimentés par des chaufferies bois sont plus pertinents dans les départements boisés (Est et Sud de la France).

 

Les déchets renouvelables, principaux contributeurs de l’énergie de récupération livrée par les réseaux de chaleur, ont produit près de 800 ktep d’énergie dont environ 600 de chaleur. Cette chaleur sert en grande partie à l’alimentation des réseaux de chaleur. Sur la centaine d’usines d’incinération des ordures ménagères, près de la moitié ne produisent que de l’électricité, l’autre moitié produit soit chaleur et électricité via une cogénération, soit de la chaleur seule. Il y a donc encore des opportunités pour les réseaux de chaleur de valoriser plus de chaleur issue des IUOM. En effet, la valorisation de la chaleur seule ou les systèmes de cogénération sont plus performants que les systèmes de production d’électricité seule. Il faut cependant qu’une demande de chaleur (chauffage d’habitation, de serre, ou process industriel) existe à proximité.

Le solaire thermique a multiplié par cinq  sa production énergétique depuis 2003, atteignant quasiment 100 ktep en 2017, en métropole et 172 avec les départements d’outre-mer et ce malgré un ralentissement de la filière. Particulièrement développée en outre-mer (notamment à La Réunion), la filière y représente les deux tiers des énergies renouvelables consommées pour produire de la chaleur, contre moins de 1 % en métropole. Les réseaux peuvent être alimentés par cette source d’énergie (même si les chauffes-eau individuels restent les plus fréquentes des installations). Des collectivités se lancent dans des initiatives prometteuses comme la commune de Châteaubriant qui a raccordé son réseau de chaleur à un ilot solaire produisant 900 MWh de chaleur grâce aux 2000 m² de panneaux.

La géothermie à produit 150 ktep de chaleur en France en 2017 et 11 ktep d’électricité. La chaleur qui alimente majoritairement les réseaux est produite en métropole, notamment en Île-de-France, en Nouvelle-Aquitaine et, depuis juin 2016, dans le bassin rhénan.

Les PAC ont produit 2,4 Mtep en 2017. Elles sont encore majoritairement utilisées pour les installations individuelles mais avec les réseaux de chaleur 4ème génération et les boucles d’eau tempérées, elles sont amenées à jouer un rôle plus important dans les réseaux de chaleur de demain.

Enfin, la quantité d’énergie produite à partir du biogaz a dépassé en 2017 les 500 ktep. En 2017, le biogaz à considérablement augmenté sa valorisation en chaleur à hauteur de 65% contre 35 % pour la production d’électricité. Le rapport entre la production d’électricité et de chaleur s’est inversé entre 2016 et 2017.

 

 

 

 

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