Chiffres clés des énergies renouvelables – Édition 2018

Comme chaque année, le CGDD fait le bilan des énergies renouvelables en France.

En 2016, la France a consommé 246.3 Mtep d’énergie primaire dont 10,9% d’énergies renouvelables, soit 1,5% de plus qu’en 2015. Le nucléaire, les produits pétroliers et le gaz restent les sources d’énergie principales.

Elle se situe dans la moyenne européenne mais loin derrière les pays scandinaves dont la part des EnR dans leur consommation finale brute d’énergie représente en 2016, plus de 25%.

La France est cependant l’un des cinq premiers pays producteurs de l’Union Européenne par filière en 2016.

 

Une production dominée par le thermique en métropole

 

Les EnR en France sont toujours dominées par les énergies thermiques. Celles-ci représentent 11,1 Mtep sur les 26,8 Mtep EnR produit en 2016.  Les énergies renouvelables électriques représentent 5.3 Mtep et les biocarburants 2.5 Mtep.

Le bois-énergie représente plus de 40% de la production EnR Française (majoritairement sous forme de chaleur avec plus de 71% de la consommation primaire d’énergie renouvelable pour la production de chaleur) devant l’hydraulique (19,8%) et les biocarburants (9,3%).  Le solaire photovoltaïque ne représente que 2,7% et la géothermie moins de 2%.

L’utilisation de la géothermie en Outre-mer

En 2016, la production primaire d’énergies renouvelables dans les DOM s’élève à 454 ktep. La biomasse associée aux déchets renouvelables est la filière la plus importante comme en métropole. À elle seule, la chaleur géothermique convertie en électricité dans la centrale de Bouillante en Guadeloupe représente également 18 % de la production primaire d’énergies renouvelables dans l’ensemble des DOM.
Le solaire thermique représente cependant 63% de la consommation primaire d’énergies renouvelables pour la production de chaleur.

 

 

Un retard par rapport aux objectifs à 2020

La part des énergies renouvelables dans la consommation finale brute d’énergie représente en 2016, 16 %, soit 2% en dessous de la trajectoire que s’est fixée la France pour atteindre les 23% à 2020 imposés par la directive 2009/28/CE. Le retard constaté concerne à la fois les composantes électrique et thermique.

L’éolien et la biomasse solide sont les deux principales filières mobilisables, d’après le plan national d’action en faveur des énergies renouvelables, pour atteindre l’objectif de 2020. L’hydraulique et les biocarburants ont également un poids important au sein des énergies renouvelables, mais leur  potentiel de développement apparaît plus limité d’ici 2020.
Entre 2005 et 2016, la consommation finale brute d’énergies renouvelables, au sens de la directive européenne, s’est accrue de 9,6 Mtep.

Une territorialisation de l’énergie

La production d’EnR est disparate sur le territoire français :

  • grâce à ses barrages hydrauliques et à sa ressource bois, le Sud-Est de la France contribue massivement à la production d’EnR Française,
  • le Nord de la France possède quant à lui une grande partie de la puissance éolienne du pays,
  • le Sud Ouest de la France et le pourtour méditerranéen ont développé massivement le solaire (le solaire thermique représente plus de 40m²/1000 hab dans 7 des grandes régions françaises métropolitaines),
  • la géothermie est quant à elle majoritairement présente en Ile-de-France, Nouvelles Aquitaine et Guadeloupe.

 

 

 

Les filière bénéficiant aux réseaux de chaleur et de froid

Le rapport ne traite pas directement des réseaux de chaleur et de froid mais des filières alimentant ces derniers.

De manière générale, la France est plutôt dans les bons élèves en ce qui concerne la part d’EnR dans la consommation de chauffage, même s’il elle n’atteint pas encore les niveaux de couverture d’Europe du Nord.

C’est principalement grâce à la biomasse solide que la France est bien placée. La biomasse solide est en effet essentiellement destinée à la production de chaleur (11,2 Mtep contre 1 Mtep d’électricité). Il s’agit majoritairement d’installations individuelles même si le nombre de vente de ces appareils est en diminution depuis 2013. Comme les réseaux de chaleur ont pour vocation de favoriser les ressources locales, les réseaux de chaleur alimentés par des chaufferies bois sont plus pertinents dans les départements boisés (Est et Sud de la France).

Les déchets renouvelables, principaux contributeurs de l’énergie de récupération livrée par les réseaux de chaleur, ont produit environ 950 Ktep d’énergie dont 200 de chaleur. Cette chaleur sert en grande partie à l’alimentation des réseaux de chaleur. Sur la centaine d’usines d’incinération des ordures ménagères, près de la moitié ne produisent que de l’électricité, l’autre moitié produit soit chaleur et électricité via une cogénération, soit de la chaleur seule. Il y a donc encore des opportunités pour les réseaux de chaleur de valoriser plus de chaleur issue des IUOM. En effet, la valorisation de la chaleur seule ou les systèmes de cogénération sont plus performants que les systèmes de production d’électricité seule. Il faut cependant qu’une demande de chaleur (chauffage d’habitation, de serre, ou process industriel) existe à proximité.

Le solaire thermique a multiplié par cinq  sa production énergétique, atteignant en 2016, 100 Ktep en métropole et 166 avec les départements d’outre-mer et ce malgré un ralentissement de la filière. Particulièrement développée en outre-mer (notamment à La Réunion), la filière y représente les deux tiers des énergies renouvelables consommées pour produire de la chaleur, contre moins de 1 % en métropole. Les réseaux peuvent être alimentés par cette source d’énergie (même si les chauffes-eau individuels restent les plus fréquentes des installations). Des collectivités se lancent dans des initiatives prometteuses comme la commune de Châteaubriant qui a récemment raccordé son réseau de chaleur à un ilot solaire produisant 900 MWh de chaleur grâce aux 2000 m² de panneaux.

La géothermie à produit 120 ktep de chaleur en France en 2016 et 8ktep d’électricité. La chaleur qui alimente majoritairement les réseaux est produite en métropole, notamment en Île-de-France, en Nouvelle-Aquitaine et, depuis juin 2016, dans le bassin rhénan.

Les PAC ont produit 2250 ktep en 2016. Elles sont encore majoritairement utilisées pour les installations individuelles mais avec les réseaux de chaleur 4ème génération et les boucles d’eau tempérées, elles sont amenées à jouer un rôle plus important dans les réseaux de chaleur de demain.

Enfin, la quantité d’énergie produite à partir du biogaz a dépassé en 2016 les 370 ktep. Aujourd’hui le biogaz sert à  produire de l’électricité à 62% et de la chaleur à 36%. Son utilisation pour produire de l’électricité à donc augmenté de 3% en 2016, au détriment de son utilisation pour produire de la chaleur. Les installations de cogénérations progressent cependant grâce aux incitations financières avec une augmentation de l’ordre de 6,9% et avec elles une chaleur cogérée (+19% en un an). Même si la chaleur est en général utilisée sur site pour les process agricoles ou le chauffage des bâtiments, quelques projets de réseaux de chaleur alimentés par le biogaz existent et représentent 11% des moyens de valorisation du biogaz.

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