Chiffres clés de énergies renouvelables – édition 2016

Comme chaque année, le CGDD fait le bilan des énergies renouvelables en France.

Rapport complet ici: CC-des-energies-renouvelables-edition-2016

En 2105, la France a consommé 256.7 Mtep d’énergie primaire dont 9.4% d’énergies renouvelables et reste en dessous de la trajectoire fixée pour atteindre les objectifs 2020. Le nucléaire et les produits pétroliers restent les sources d’énergie principales.

Une production dominée par le thermique…

Les EnR en France sont toujours dominées par les énergies thermiques. Celles-ci représentent 13.5 Mtep sur les 23,4 Mtep EnR produit en 2015.  Les énergies renouvelables électriques représentent 7.3 Mtep et les biocarburants 2.6Mtep.

Le mix EnR , contrairement au mix fossile, est plutôt efficace (peu de pertes) puisque la consommation finale correspond à 23Mtep (pour 23.4Mtep) alors que les importations sont quasiment nulles.

Le bois-énergie représente quasiment 40% de la production EnR Française (majoritairement sous forme de chaleur) devant l’hydraulique (20.5%) et les biocarburants (11,2%).  Le solaire photovoltaïque ne représente que 2,7% et la géothermie moins de 1%.

 

Un retard par rapport aux objectifs à 2020…

La part des énergies renouvelables dans la consommation finale brute d’énergie représente en 2015 14,9 %, soit plus de 2% en dessous de la trajectoire que s’est fixée la France pour atteindre les 23% à 2020 imposés par la directive 2009/28/CE. Le retard s’explique en partie par le retard des filières, en partie par les conditions météorologiques atypiques. Les objectifs misent sur la mobilisation massives de la biomasse solides et sur l’éolien. Les autres EnR et notamment l’hydraulique et les biocarburants gardent une place importante aujourd’hui mais leur potentiel de développement d’ici 2020 est plus limitée.

Entre 2005 et 2015 ce sont les biocarburants qui ont connus la plus forte croissance suivis des pompes à chaleur et de l’éolien. En 10 ans, la consommation finale brute d’énergies renouvelables a gagné 7,3Mtep.

Une territorialisation forte de l’énergie…

La production d’EnR est disparate sur le territoire français. Grâce à ses barrages hydrauliques et à sa ressource bois, le Sud-Est de la France contribue massivement à la production d’EnR Française. Le nord de la France possède quant à lui une grande partie de la puissance éolienne du pays.  Le Sud ouest a développé massivement le solaire. La géothermie est majoritairement présente en Ile-de-France.

 

Les filière bénéficiant aux réseaux de chaleur…

Le rapport ne traite pas directement des réseaux de chaleur mais il est intéressant de regarder les filières alimentant ces derniers.

De manière générale, la France est plutôt dans les bons élèves en ce qui concerne la part d’EnR dans la consommation de chauffage, même s’il elle n’atteint pas encore les niveaux de couverture d’Europe du Nord.

C’est principalement grâce à la biomasse que la France est bien placée. La biomasse solide est en effet essentiellement destinée à la production de chaleur (8.9 Mtep contre 0.6 Mtep d’électricité). Il s’agit majoritairement d’installations individuelles même si le nombre de vente de chaudières bois est assez significatif depuis 2005. Comme les réseaux de chaleur ont pour vocation de favoriser les ressources locales, les réseaux de chaleur bois seront plus pertinents dans les départements boisés (Est et Sud de la France).

Les déchets urbains, principaux contributeurs de l’énergie de récupération livrée par les réseaux de chaleur ont produit environ 300 ktep de chaleur et 150 ktep d’électricité. Cette chaleur sert en grande partie à l’alimentation des réseaux de chaleur. Sur les 109 usines d’incinération des ordures ménagères près de la moitié ne produisent que de l’électricité, l’autre moitié produit soit chaleur et électricité via une cogénération, soit de la chaleur seule. Il y a donc encore des opportunités pour les réseaux de chaleur de valoriser plus de chaleur issue des IUOM. En effet, la valorisation de la chaleur seule ou les systèmes de cogénération sont plus performants que les systèmes de production d’électricité seule. Il faut cependant qu’une demande de chaleur (chauffage d’habitation, de serre, ou process industriel) existe à proximité.

La géothermie à produit 105 ktep de chaleur en France en 2015 et 7ktep d’électricité, en hausse entre 2009 et 2013, la production de chaleur  affiche une légère baisse due notamment à la météo clémente de ces dernières années.

Les PAC ont produit 2000ktep en 2015. Elles sont encore majoritairement utilisées pour les installations individuelles mais avec les réseaux de chaleur 4ème génération et les boucles d’eau tempérées, elles sont amenées à jouer un rôle plus important dans les réseaux de chaleur de demain.

évolution quantité d'énergie à partir du bioagzLa quantité d’énergie produite à partir du biogaz a été multipliée par 5 en 15 ans pour atteindre environ 250 ktep. Aujourd’hui le biogaz sert à  produire de l’électricité à 59% et de la chaleur à 41%. Les installations de cogénérations progressent grâce aux incitations financières. Même si la chaleur est en général utilisée sur site pour les process agricoles, quelques projets de réseaux de chaleur alimentés par le biogaz existent.

 

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